Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 01:05
Le Paradis perdu de Georg Trakl

En hommage à Georg Trakl et à l'occasion du centenaire de sa disparition en novembre 1914, vient de paraître chez Recours au Poème éditeurs un essai accompagné d'une traduction nouvelle des poèmes majeurs du poète autrichien. Ce livre numérique qui peut être lu sur tablette, liseuse, ordinateur ou smartphone est disponible sur le site de l'éditeur au format epub, mobi et pdf - 180 pages - 8 euros.

-

-

Lamentation

-

Sommeil et mort, les aigles sinistres

Bruissent des nuits entières autour de cette tête :

L’image d’or de l’homme
Qu’engloutirait la vague glacée
De l’éternité. Sur d’affreux récifs
Se fracasse le corps pourpre.
Et la voix sourde porte la plainte
Au-dessus de la mer.
Soeur au coeur lourd d’orages
Vois : une barque apeurée chavire
Sous les étoiles,
Le visage silencieux de la nuit.

(Septembre 1914)

-

-

Klage

-

Schlaf und Tod, die düstern Adler
Umrauschen nachtlang dieses Haupt:
Des Menschen goldnes Bildnis
Verschlänge die eisige Woge
Der Ewigkeit. An schaurigen Riffen
Zerschellt der purpurne Leib
Und es klagt die dunkle Stimme
Über dem Meer.
Schwester stürmischer Schwermut
Sieh ein ängstlicher Kahn versinkt
Unter Sternen,
De
m schweigenden Antlitz der Nacht.

-

-

http://www.recoursaupoemeediteurs.com

Partager cet article

Repost 0
Published by Blog d'Alain Fabre-Catalan
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Demeure nomade
  • Demeure nomade
  • : Anthologie personnelle - Chroniques - Publications - Traductions
  • Contact

Blog D'alain Fabre-Catalan

  • Blog d'Alain Fabre-Catalan
  • Alain Fabre-Catalan est poète, traducteur et membre du Comité de rédaction de la Revue Alsacienne de Littérature à Strasbourg. Il a publié en 2013 aux éditions Les Lieux-Dits un ensemble de proses, VERTIGES.
  • Alain Fabre-Catalan est poète, traducteur et membre du Comité de rédaction de la Revue Alsacienne de Littérature à Strasbourg. Il a publié en 2013 aux éditions Les Lieux-Dits un ensemble de proses, VERTIGES.

Recherche

L'Atelier du poème

◊ Ce qui témoigne que quelque chose s’est écrit, s’apparente ici à la figure irrégulière du poème se donnant à lire sur le glacis du papier ou bien l’écran en son rafraîchissement permanent.

 

◊ C’est la trace d’une présence dès lors évanouie, hormis les mots qui tentent d’en retenir l’empreinte. Son ultime destination n’a d’autre adresse que le saisissement d’un regard dans l’entrelacement des signes.

 

◊ Avec ce degré de considération accordé au grain d’une voix, vous êtes dans l’instant seul à en recueillir l’écho, cette résonnance qui parle à l’oreille du lecteur.

 

 Qui habite la voix patiente de la langue pour en faire son ultime demeure a le privilège de s’affranchir du temps. Telle une parole qui se découvre, jetée sur nos pas hésitants, la clarté seule devrait suffire.

 

◊ Avec ce peu de chose déployé dont le vol ressemble à un passage d’ombres insaisissables, « désaccordée, comme par la neige », résonne et nous atteint « la cloche dont on sonne pour le repas du soir ».

 

◊ La lumière ainsi retrouve son chemin et le simple bruit d’un ruisseau nous dévisage au détour d’un mot, d’une phrase posée là, en attente sur la page.

 

◊ Un instant sauvegardée, cette part du monde qui semblait perdue bruisse sur nos lèvres. Est-ce le fruit de l’air qui parle à notre oreille, ce dévoilement qui donne force vive en écho à des paroles que sépare le temps ?

Éclats De Voix